du mercredi 1 au mercredi 29 février 2012
EXPOSITIONS | Photographie
La révélation photographique rend visible une image latente : cette image ne se manifeste pas encore, mais demeure susceptible d’apparaître à un moment choisi. Ce sont ces images endormies que Judith Lorach s’autorise à réveiller dans son installation photographique « Latentia - les absences révélées ». Comme dans ses travaux précédents, elle revisite ce temps fugace dont on ne saurait dire s’il est celui de l’apparition, de la disparition, de la mémoire presque évanouie ou du souvenir juste renaissant.
Pour cette installation, l’artiste a capté dans ses grands tirages couleurs numériques les passages ou les disparitions de personnages anonymes.
A peine réalisée, la photographie devient alors une trace, une preuve de l’absence, le support d’un deuil à venir mais aussi le moyen ultime d’une survivance, voire d’une réapparition. Cette survivance ne peut s’opérer que par une réinterprétation où la fiction se mêle au souvenir.
Parallèlement, elle a collecté de vieux négatifs du début du XXeme siècle trouvés sur des brocantes (photographies sur verre au gélatino-bromure d’argent), qu’elle a recadrés, puis révélés en les retravaillant sur des plaques de verre, redonnant une existence à ces êtres disparus, dont même les proches n’ont pas su ou voulu cultiver la mémoire. Il ne s’agit pas là d’une simple restitution. Les négatifs pourraient demeurer des cénotaphes où gisent, insensibles au temps, les traces de vies disparues. Mais lorsqu’elle apparaît, l’image photographique représente aussi le vestige indéchiffrable d’une réalité que nous ne pourrons que réinventer.
En faisant réapparaître ce qui a déjà disparu, et disparaître ce qui était encore existant, la confrontation de ses objets photographiques déplace nos repères : le regard du spectateur oscille entre un présent éphémère et un passé dont on ne saura jamais ce qu’il fut vraiment.
Judith Lorach
Judith Lorach, née en 1977, est diplômée de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Bourges. Son travail plastique s'organise très vite autours d'installations photographiques, qu'elle expose à Orléans et dans la région Centre ; et plus récemment à l’Espace culture de Marseille (janvier 2010), à l'atelier des Eyguésiers à Aix en Provence (mai 2010), puis au Théâtre National de Toulouse dans le cadre du festival la novela (octobre 2010).
A l’ère du numérique, Judith Lorach revient volontairement à un traitement en laboratoire de ses prises de vue. Elle utilise un procédé inhabituel : une émulsion photosensible qui permet de développer des photos directement sur le verre et sur des pierres.
En sollicitant des supports très différents, son regard explore avec obstination toujours le même monde : celui de la trace, de l’éphémère, de l’absence.
Cette quête impossible produit des oeuvres intimes et déroutantes : ombres portées de personnages en marche, mémoires de leurs passages, ultimes images de leurs disparitions, prélèvements sur des lames de microscope de fragments de vie, ou fragments de corps à la marge de l’oubli….
Parallèlement à son travail de plasticienne, elle poursuit un cursus musical au conservatoire, d'où elle sort avec ses prix de chant, de piano, et de musique de chambre ; puis entreprend une carrière d'artiste lyrique.
Judith Lorach vit et travaille à Marseille.
VERNISSAGE LE 1er FEVRIER à 18H30
Site internet : http://judithlorach.blogspot.com/